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3.8 Juniorat – Dans la tête des superviseurs

Quelles qualités et habiletés les superviseurs tentent-ils de développer chez les ingénieurs juniors? Trois superviseurs racontent.

Au terme de votre juniorat, vous devriez maîtriser un certain nombre de compétences. Pour y arriver, les ingénieurs superviseurs cherchent à développer chez vous certaines bonnes habitudes.

Connaître ses limites

Vous brûlez peut-être d’impatience à l’idée de diriger un projet. Martin Bellavance, ing., s’assure de ralentir les ardeurs des ingénieurs juniors qu’il supervise. «Avant tout, il faut apprendre à travailler en accumulant l’expérience pratique afin de maîtriser tous les aspects d’un projet», soutient-il. Il faut comprendre ce qu’est un projet, quelles en sont les différentes étapes, comment établir les priorités, les besoins multidisciplinaires, où chercher l’information, etc. «Cela peut prendre plusieurs années, pour certains, avant de pouvoir assumer une responsabilité de direction d’un projet, qui englobe les questions techniques, administratives, budgétaires et aussi déontologiques», ajoute-t-il.

Développer son esprit critique

En arrivant sur le marché du travail, vous serez parfois impressionné par l’expérience des travailleurs que vous côtoyez. «Si un problème survient sur un chantier, un ingénieur junior peut être tenté de se fier à l’avis de l’entrepreneur, illustre Jean-Philippe Lefort, ing., vice-président du groupe-conseil Génipur. Or, si on modifie quelque chose sans refaire de calculs, ça pourrait entraîner d’autres problèmes. Et c’est l’ingénieur et non l’entrepreneur qui sera tenu responsable.» Il veille donc à aiguiser l’esprit critique des ingénieurs juniors, même face à des collègues expérimentés.

Réfléchir par soi-même

Dans son travail de supervision, Sébastien Fecteau, ing., prend toujours soin de ne pas donner aux ingénieurs juniors des réponses toutes cuites dans le bec. Le directeur du service d’hydroélectricité et d’hydraulique à GENIVAR les invite plutôt à faire leurs propres analyses et déductions. «Par exemple, lorsqu’ils calibrent les logiciels de modélisation des cours d’eau, les ingénieurs juniors ont besoin du coefficient de Manning, c’est-à-dire de friction. Plutôt que de le leur donner, je les questionne sur leurs observations de terrain. Comment étaient les berges? Y avait-il des arbustes, des roches?» Ils apprennent ainsi à faire le raisonnement eux-mêmes.

Adopter de bonnes habitudes de travail

Le juniorat, c’est aussi le moment de prendre de bonnes habitudes de travail, selon Martin Bellavance. Un exemple? Vérifier son travail deux fois plutôt qu’une avant de le remettre à son superviseur. «Cela permet de corriger des erreurs d’inattention qui sautent aux yeux. Bien faire du premier coup est bénéfique pour tous les aspects techniques et de gestion d’un projet. Les reprises découlant de conceptions incomplètes sont à éviter et il est important de faire de la sensibilisation sur ce point.», explique-t-il.